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Redémarrage rapide de l'économie : les raisons d'espérer

Vendredi 01 mai 2020 à 09h30 par Gilles Lecointre / EYROLLES



La crise économique potentielle est un « cas d'école » inédit. Car il n'y a pas à l'origine d'élément conjoncturel déclenchant. Pour l'illustrer, on peut utiliser l'image d'un train s'arrêtant net suite à une panne électrique. Le train n'est pas endommagé, les voyageurs sont intacts, à l'exception de 3% d'entre eux touchés par l'accident. Mais on ne sait pas quand le train va redémarrer, s'il ira à bon port et à quelle vitesse. On ne sait pas davantage si les passagers seront d'accord pour continuer sur le même chemin et dans les mêmes conditions que celles prévues initialement.

Sur la question de la date de reprise, la réponse est exogène au modèle économique : la fin (ou au moins le recul maîtrisé) de l'épidémie. Tant que cette hypothèque n'est pas levée, la relance est impossible. Sauf à accepter un nombre considérable de morts, ce qui paraît difficile dans nos démocraties. Insistons cependant sur le fait que « normalement », la durée prévisible de ce blackout est de 3 mois environ. Ce n'est donc pas une « guerre » comparable à celles que notre pays a connues, d’autant que rien n'a été « détruit ». L'outil est en place et peut redémarrer, en théorie instantanément. Encore convient-il que les différents acteurs de l’économie soient « partants ».

Or ils ne sont pas tous logés à la même enseigne. Du côté des consommateurs (la « demande), les retraités, les fonctionnaires, les salariés des grandes entreprises, des PME à savoir faire élevé, et des TPE appartenant aux secteurs « essentiels » sont globalement protégés : leur revenu sont maintenus. En revanche les artisans, commerçants, professions libérale, salariés de TPE fragiles, l'incertitude est grande. Enfin, tous ceux appartenant au « quart-monde » n’ont aucune chance de s'en sortir sans le levier de la solidarité ;

Du côté des entreprises (l' « offre »), la disparité existe aussi : les entreprises publiques, les grandes entreprises ( too big to fail), les ETI et toutes les TPE-PME disposant d'un carnet de commandes à une échéance au-delà du trimestre vont s’en sortir. Elles disposent de « réserves » et bénéficieront du soutien de l'Etat. Par contre toutes les petites organisations vivant au jour le jour sont en péril et risquent une mort subite car on ne peut pas vivre plus d'un mois sans recettes et avec des charges. Il leur faut du cash immédiat.

De grandes inquiétudes mais aussi de réels motifs de rester optimiste

De ce tableau simplifié ressort des zones sombres mais aussi de réelles raisons de rester optimiste :

   • Le système n'est pas cassé, il est privé de carburant, l'argent !

   • La période d'arrêt est de l'ordre du trimestre : ce n'est pas bien long…

   • Une bonne partie des agents économiques contribuant à la marche du système est protégée, en bonne santé et en capacité de reprendre ses activités du jour au lendemain.

   • Une autre partie de la population (aussi bien du côté de l'offre que de celui de la demande) déjà fragile avant, est en danger. Il convient de lui venir en aide vite et fort. Or l'Etat a pris un ensemble de dispositions allant dans ce sens. Il y aura beaucoup de situations critiques, cela coûtera très cher mais on n'a pas le choix. Il faut faire marcher la machine à billets sans état d'âme afin d'éviter d'ajouter de la dépression économique à de la dépression sanitaire et morale.

   • Notre écosystème entrepreneurial est jeune, vivace, dense, inventif ; sa capacité de résilience permettra, sous une forme nouvelle, de vite suppléer les éventuelles défaillances de TPE.

   • Tous les Etats du monde sont touchés et font la même chose, une relance par de la création monétaire. L'affaiblissement des grandes devises sera donc général et le jeu ancien des dévaluations compétitives sera peu efficace, ce qui évitera un tracas supplémentaire.

La clé du problème : changement de modèle ou simple ajustement ?

Reste cependant une inconnue importante dont dépendent la vitesse et l'ampleur de la reprise. Quel sera le comportement des agents économiques après un tel choc. Remettront-ils en cause le modèle de consommation et de production, avec à la clé une forte perturbation sur l'offre (exemple : on renonce à la voiture). Dans ce cas les ajustements seront majeurs, longs à mettre en œuvre. Ce sera douloureux, mais cela en vaut peut-être la peine. Sinon, les choses repartiront assez vite « comme avant » mais sans doute avec des remises en question à moyen terme pour lesquelles on disposera d’un socle consensuel plus large qu'avant. Peut-on tabler sur un effet compensateur après cette période de privation ? Peut-être oui, (frénésie de consommation) peut-être non (repli ascétique). Personne ne peut le dire avec certitude…..
Dans tous les cas de figure, si le moteur redémarre, la question de la dette apparaîtra secondaire. Car l'alternative c'est la « Grande crise » et il vaudrait mieux éviter…. Les gouvernements l'ont bien compris.

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A propos de Gilles Lecointre / EYROLLES
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Auteur : Gilles Lecointre
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