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L'UE est préoccupée par le rachat des CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE (ex STX France) par FINCANTIERI

Mercredi 09 janvier 2019 à 11h56

La Commission européenne s'est dite mardi préoccupée par le projet d'acquisition des Chantiers de l'Atlantique (ex STX France) par l'italien Fincantieri, estimant que cette "opération pourrait nuire à la concurrence au niveau européen et mondial", une décision qui faisait grincer des dents en Italie.

La Commission "accepté la requête soumise par la France et l'Allemagne qui lui ont demandé d'examiner ce projet sur la base du règlement de l'UE sur les concentrations", a-t-elle précisé dans un communiqué.

L'exécutif européen explique que certes, "ce projet n'atteint pas les seuils de chiffre d'affaires fixés par le règlement de l'UE" pour les opérations devant être notifiées à Bruxelles.

Mais les autorités de la Concurrence de la France et de l'Allemagne, chargées d'examiner ce dossier, ont décidé de le renvoyer à Bruxelles, estimant que cette opération menacerait d'affecter de façon importante la concurrence dans leurs pays respectifs.

"Sur la base des éléments fournis par ces deux pays" et sans préjuger "de l'issue de son enquête exhaustive", la Commission considère que "l'opération pourrait nuire de manière significative à la concurrence en matière de construction navale, en particulier sur le marché mondial des bateaux de croisière".

L'exécutif européen va à présent demander à Fincantieri de notifier cette opération pour pouvoir commencer son investigation.

"Cette décision est purement procédurale", a expliqué à l'AFP une source au ministère français de l'Economie et des Finances. "Vu la structure du marché de la construction navale, une fois que la Commission aura eu accès aux éléments du dossier, ce qui n'est pas le cas à ce stade, nous sommes confiants qu'il n'y aura aucune préoccupation de concurrence", a-t-elle ajouté.

Mais de l'autre côté des Alpes, cette décision et surtout la saisie de la Commission par l'Allemagne et la France suscitaient de l'agacement voire de la colère.

- "L'Europe n'existe pas" -

"Enième démonstration que l'Europe n'existe pas ou existe uniquement à sens unique", a fustigé le vice-Premier ministre, Matteo Salvini.
"Je ne comprends pas pourquoi, quand une entreprise italienne respectant les règles s'agrandit, va à l'étranger, fait une acquisition, croît et donne du travail en Europe, on fait une requête à Paris ou à Berlin", ajouté le patron de la Ligue (extrême droite), un des deux partis formant la coalition au pouvoir avec le Mouvement 5 étoiles (antisystème).

"Ce n'est pas ainsi que fonctionne la libre concurrence. Quand ce sont les Français qui achètent, tout va bien: j'en ai assez. Je représente un gouvernement qui n'a plus l'intention de se plier aux intérêts économiques d'autres pays. Si l'Europe existe, qu'il y ait égalité des règles et conditions de marché pour tous, sinon nous en tirerons les conséquences", a-t-il dit ajouté.

"Franchement, (l'instruction) m'a surpris", a déclaré pour sa part le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte.

"Dans de nombreux secteurs d'activités économiques, d'autres pays sont avantagés. Maintenant, nous verrons, c'est un processus qui commence seulement", a-t-il dit. Mais, a-t-il ajouté, "cela me semblerait étrange qu'il y ait des obstacles et des contraintes à cette excellence italienne".

Contacté par l'AFP, Fincantieri s'est refusé à tout commentaire.

La reprise des Chantiers de l'Atlantique par le groupe italien avait été annoncée en septembre 2017. L'accord conclu alors prévoyait que le groupe transalpin détiendrait 50% du capital, plus 1% supplémentaire prêté par l'Etat français.

Ce feuilleton avait commencé en 2016 lorsque STX France, alors seule unité rentable de STX Offshore & Shipbuilding, avait été mis en vente pour cause de redressement judiciaire.

Fincantieri, contrôlé par l'Etat italien et seul candidat à la reprise, avait alors obtenu le feu vert du gouvernement de François Hollande. Mais Emmanuel Macron, fraîchement élu président de la République, avait demandé en mai 2017 à revoir la participation française à la hausse, visant une répartition à parts égales.

Cette proposition avait été rejetée par Rome - les Italiens insistant pour détenir 51% du capital et le contrôle du conseil d'administration-, avant que les deux pays ne trouvent un compromis en septembre 2017.









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