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Crypto-monnaie : les États sont-ils en passe de perdre leur souveraineté ?

Mardi 18 février 2020 à 11h34 par CLUBFUNDING

Malgré la mondialisation croissante de notre économie, battre monnaie reste l’une des plus grandes prérogatives étatique. Pourtant, les crypto-monnaie viennent peu à peu s’immiscer dans ce pré carré de souveraineté.

Libra fait peur aux États

2020 devait être l’année de la démocratisation des crypto-monnaies, portées par la locomotive Libra de Facebook. La couleur annoncée ces dernières semaines apporte pourtant son lot de contrastes. L’Association Libra, censée gérer la monnaie éponyme à venir, a subi quelques revers avec le départ de certain de ses membres : Paypal, MasterCard, Visa, eBay, Vodafone ou encore Booking. Les États ne sont pas en reste et ont fait entendre leur opposition au projet, la France en tête.

Actuellement, le bitcoin occupe 60 % du marché des crypto-monnaies, ces actifs entièrement virtuels et reposant par le peer-to-peer sur la confiance octroyée par la blockchain. Dépendant de l’offre et de la demande, elles présentent une grande volatilité…

Des risques de stabilité financière et de sécurité

C’est l’une des préoccupations du Ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, qui a donné le ton l’an passé en déclarant que « nulle entreprise ne saurait nuire à l’intérêt souverain de la nation ». Nombre d’États ont légitimement exprimé leurs craintes tant la réputation de Facebook est mauvaise en matière de protection des données personnelles et de confidentialité. Les 2 milliards d’utilisateurs du réseau social ne peuvent que mettre en perspective les risques de fraude, de cyber-attaque, de manipulation des marchés ou encore de blanchiment d’argent que représente son utilisation.

La plus grande préoccupation reste celle de la souveraineté monétaire. Dans des États faiblement bancarisés et aux devises faibles, les crypto-monnaies telles que Libra pourraient se substituer à la monnaie nationale et remettre en cause leur indépendance, a notamment averti Bruno Le Maire.

Les banques centrales ont-elles perdu la guerre des crypto-monnaies ?

Face à la montée en puissance des crypto-monnaies, les banques centrales n’ont pas dit leur dernier mot. Premièrement, l’argument de la confiance ne semble pas répondre à une inquiétude majeure de la population qui utilise très majoritairement la monnaie de manière dématérialisée. Au second semestre 2019, la Banque de France a intercepté 380 000 fausses coupures, sur les plus de 24 millions en circulation, soit un phénomène marginal.

Les banques centrales s’engagent même pleinement dans le phénomène : le Canada, l’Angleterre, le Japon ou encore la BCE ont créé en janvier un groupe afin d’étudier et partager les possibilités s’offrant à eux en matière d’exploitation de « monnaie digitale de banque centrale ». Les États sont ainsi les premiers à reconnaître l’avantage que représente l’interopérabilité transfrontalière des crypto-monnaies et l’utilité d’une réduction des coûts des virements et paiements internationaux.

Faut-il ainsi davantage réglementer les monnaies virtuelles déjà existantes ? C’est une question à laquelle la consultation publique lancée par la Commission européenne devrait répondre. Elle devra s’assurer que l’éthique et la sécurité soient au cœur du cadre garantissant leur utilisation.

Certains États semblent avoir trouvé une troisième voie…

D’ores et déjà, nombre d’Etats préfèrent parler de global stablecoins, ces monnaies arrimées à une ou plusieurs devises réelles ou à d’autres actifs traditionnels. Loin d’être une menace pour leur souveraineté, elles pourraient représenter une opportunité.

La Banque de France a ainsi procédé au lancement d’expérimentations sur la création d’une monnaie digitale de banque centrale au premier trimestre 2020. L’objectif final ? L’éventuelle création d’un « euro digital ».

D’autres États y voient déjà une opportunité politique. Au Venezuela, la création du petro vise notamment à contrer l’inflation de la monnaie nationale mais aussi et surtout, l’embargo américain. La Chine, qui développe actuellement sa propre crypto-monnaie y voit un moyen de remettre en cause la domination du dollar américain. Loin d’être un moyen décentralisé comme l’est le bitcoin, cette monnaie virtuelle devrait aussi permettre à l’État de contrôler davantage les pratiques des internautes chinois…

La France et l’Union européenne ne sont pas en reste sur le sujet. La création d’une crypto-monnaie contrôlée par la banque centrale ne pourrait être qu’un prélude permettant aux États de se positionner face aux innovations technologiques à venir, telles que la révolution du smart contract. Loin d’une éventuelle remise en cause de leur souveraineté monétaire ou économique…

Pour en savoir plus : https://www.clubfunding.fr/blog/cryptomonnaie
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