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Avis d'expert

Quelles sont les opportunités de développement en Europe centrale ?

Par Pascal Dognin (Cour Carrée)
(Cour Carrée)
Tél : 04 72 75 92 86 - E-mail : pascal.dognin@courcarree.fr
En forçant le trait, on peut diviser sur le plan économique les pays d’Europe centrale et orientale en 2 parties :

1) Les pays qui ont adoptés l’économie de marché et qui reconnaissent la propriété privée sans réserve : nouveaux entrants dans la CEE tels que Pologne, pays baltes, Slovaquie, Slovénie, Tchéquie, Hongrie, et futurs entrants tels que Roumanie, Bulgarie, Croatie.
L’environnement économique pour un entrepreneur français est très voisin de celui qu’il connaît dans son pays. Il n’y a pas plus de difficulté à s’y installer que dans d’autres pays d’Europe de l’ouest.

2) Les autres pays y compris la Russie : les structures économiques de ces pays ont peu évolué depuis 1989.
On ne compte que très peu d’entreprises privées significatives créées par des entrepreneurs. Le contrôle des entreprises privatisées a été le plus souvent accordé à des gens proche du pouvoir politique. Il convient de noter aussi que la notion de propriété privée n’est pas fermement installée, notamment pour les investisseurs étrangers. Dans certain cas, la loi interdit aux étrangers d’acheter des actifs. Dans d’autres, la loi le permet, mais des coutumes locales sont à respecter pour que le droit de propriété ne soit pas remis en cause.
L’investissement dans cette catégorie de pays reste très intéressant, mais il y a une part de risque à prendre en compte, comme dans beaucoup de pays du sud.

Des taux de croissance attractifs
Ces pays connaissent depuis plusieurs années des croissances très fortes, de 4 à 5% par an en moyenne. L’élévation du niveau de vie des populations du premier groupe est lui aussi très important. Pour se faire une idée de la réalité économique des pays du premier groupe, il faut se défier de la présentation systématiquement misérabiliste faite dans les médias.
La croissance économique a été portée par des investissements étrangers massifs, notamment dans des moyens de productions à bas coûts. Ce mouvement se poursuit, mais commence à trouver ses limites : dans plusieurs zones, il est très difficile de trouver de la main d’œuvre. C’est le cas notamment dans les grandes capitales telles que Varsovie, Budapest ou Prague. Les salaires augmentent rapidement et le turnover est important.

La conséquence de ces évolutions est que ces pays sont devenus des marchés solvables, avec une consommation interne très dynamique, sans comparaison avec ce que l’on connaît en Europe de l’ouest. Il y a dans cette zone une soif de consommer qui est de plus en plus solvable.

Il est donc très intéressant pour des PME françaises de se positionner sur ces marchés, non pas seulement pour ses coûts de production attractifs, mais maintenant pour ses marchés intérieurs très porteurs.

Les PME françaises trop peu présentes
L’analyse des investissements étrangers sur la zone montre que la France fait partie des principaux investisseurs. Mais en regardant de plus prêt, on s’aperçoit qu’il s’agit de très gros investissements fait par des grandes entreprises : France Telecom, Peugeot, Renault, Carrefour par exemple. Et très souvent les PME implantées sont arrivées pour servir ces grands groupes.
Les opérations faites par les PME en dehors de ce contexte sont très peu nombreuses, même dans un pays comme la Roumanie.
Ainsi dans le numéro du 16 mai dernier des Echos sur la région de Timisoara, les statistiques montrent que les investisseurs français n’ont représentés que 3,5% des investissements étrangers réalisés entre 1990 et 2003. Et en 2003, sur 5323 sociétés étrangères enregistrées, il y a eu 124 françaises.
La conclusion des ces informations est que les PME françaises devraient s’intéresser fortement aux pays d’Europe centrale et orientale, région qui est proche géographiquement et culturellement et qui connaît une croissance vigoureuse. Il existe notamment de plus en plus d’opportunités de racheter des TPE-PME locales, et il serait ainsi dommage de laisser passer le train de ces économies porteuses à proximité de notre pays, surtout quand la croissance du coté ouest du continent est si difficile à trouver.