La reprise d’une entreprise, pour un investisseur, est une opération pleine de risques et qui engage, patrimonialement comme dans son quotidien, le repreneur.
Si elle permet de « gagner du temps » en permettant à l’acquéreur de bénéficier d’un savoir-faire, d’une notoriété, d’une équipe constituée, une entreprise, c’est avant tout une femme ou un homme (le vendeur) qui va s’effacer au profit du repreneur.
Il est donc important que ce dernier s'approprie la"culture de l'entreprise".
La continuité doit être favorisée afin de préserver le réseau relationnel : employés, clients, fournisseurs… (de fait les transmissions familiales et/ou via un ancien salarié de l’entreprise ont deux fois plus de chances de réussite qu’une reprise par un repreneur extérieur). Et si la présence du cédant peut être une façon d’éviter les situations de rupture, la cohabitation peut être difficile, y compris pour des salariés désorientés entre leur ancien patron et le nouveau. Aussi une expérience antérieure du secteur de l’entreprise doit être également recherchée car elle joue un rôle essentiel. Un repreneur qui ne connaît pas le secteur a une fois et demi plus de risques d’échec dans les secteurs de l’industrie, des transports, du commerce de gros, du BTP et des services aux entreprises.
Or, dans chacun de ces secteurs, l’offre est moins pléthorique que les chiffres diffusés sur l’âge des chefs d’entreprise ne pourraient le faire croire. Si les entreprises concernées représentent selon les sources entre 600.000 et 900.000 entreprises dans les 10 années à venir, une part non négligeable disparaîtra car invendable : 85% sont constitués de TPE de moins de 10 salariés, et 15% seront cédées en interne. Il en résulte que, tous secteurs confondus, le marché ouvert de la transmission (non patrimoniale) des PME-PMI de 5 à 50 salariés représente 5 000 à 6 000 entreprises par an.
Au-delà de la compétence « métier », il convient dans l’analyse des performances de l’entreprise, de les « objectiviser » : parfois « la mariée » est moins belle qu’elle n’y parait.
Ainsi une entreprise dont l’activité repose sur le « réseau » d’un chef d’entreprise, qui a vieilli avec lui. Ou les résultats sont la conséquence d’une absence d’investissements qui nécessitera d’importants efforts.
L’analyse de ces éléments, pratiquée par des professionnels, permettra au candidat à la reprise de « prendre de la distance » par rapport à un premier contact que l’envie d’entreprendre après une carrière de cadre supérieur, et la pression du « temps qui passe » peut pousser à sous estimer les difficultés ou surestimer sa capacité à améliorer l’organisation et/ou la rentabilité de sa cible.
De fait, l’un des risques assez courants est d’être véritablement aveuglé par une cible et dès lors de ne plus pouvoir se montrer objectif.
Par ailleurs, l’utilisation des performances passées, pour établir le plan de financement de la reprise est trop souvent un facteur de risque supplémentaire.
Combien de montages financiers basés sur une politique de distribution généreuse se sont avérés catastrophiques après un premier puis un second exercice décevant.
« Ces dernières années, nous constatons une tendance à la survalorisation des entreprises en bonne santé, souligne Jean-Charles Simon (Avocat chez Simon associés). Certains secteurs sont assez normés, mais pas tous. Les financements deviennent de plus en plus tendus. Chaque jour, j’ai connaissance d’entrepreneurs- repreneurs qui ne peuvent plus rembourser leur dette bancaire. Cela résulte d’une mauvaise anticipation des conditions de remboursement».
« Il apparaît vraiment très important de bien prendre son temps pour analyser et diagnostiquer la cible. Lorsque le repreneur n’est pas issu du secteur, il est préférable qu’il s’adresse à un professionnel du secteur pour l’aider à réaliser un bon diagnostic, poursuit Jean-Charles Simon, Beaucoup des repreneurs qui ont échoué ne sont pas posés les bonnes questions. Est-ce que l’activité est bien positionnée ? Un audit industriel permettra de vérifier si les machines sont fiables et suffisamment productives. Il faut certes investir dans les différents audits, mais ces derniers s’avèrent indispensables. »
Pour en savoir plus :
http://www.caffier.com