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Il est fréquent, qu’au cours de sa vie, une entreprise connaisse des difficultés. Emergence d’un nouveau concurrent, retournement conjoncturel, dettes devenues impossibles à rembourser, etc … Quand les difficultés finissent par entraîner une crise de trésorerie telle que le management et/ou l’actionnaire ne parvient plus à financer, la société doit rechercher un nouvel actionnaire, c'est-à-dire un investisseur.
L’investisseur dispose d’une large palette d’investissements. Le marché lui offre des rendements fixes, des rendements variables, de la garantie ou du risque, de la liquidité ou pas. L’investissement dans une société en difficulté appartient aux catégories : très fort risque, très fort rendement, liquidité faible. C’est un marché de niche.
Des risques importants
L’investisseur a affaire avec un management qui lutte pour la survie de l’entreprise. Dans de telles circonstances, le management fera tout pour attirer l’investisseur. La gravité réelle de la situation pourra être masquée, les perspectives de retournement gonflées, etc … Si la crise de trésorerie est plus grâve qu’annoncée, la société devra se déclarer en cessation des paiements avec tout ce que cela implique.
Méthode d’investissement
L’investisseur devra s’assurer que la société reste saine et que le seul apport de trésorerie et/ou d’un nouveau management « garantit » un rétablissement rapide de la société. Un audit devra estimer les besoins en trésorerie, en terme de BFR, d’investissements, et de service de la dette bancaire & financière. Un autre devra notamment confirmer que le fond de commerce est sain : que les clients (et les fournisseurs) restent fidèles, que la société peut opérer sur des bases de concurrence, donc de rentabilité, normales une fois la situation financière rétablie. Le principal audit reste celui des hommes et en particulier l’entrepreneur à qui sera confiée la mission de redresser l’entreprise, de motiver les parties en présence (salariés, clients, fournisseurs et créanciers). Il doit être jugé compétent et fiable par l’investisseur, qui devra l’intéresser au redressement de la société. En cas d’échec, la sanction pourra être la faillite et la perte, par l’investisseur, de son capital. Une forte implication personnelle de l’investisseur est nécessaire car l’environnement est risqué.
Très gros rendements
L’attrait principal de l’investissement dans une société en difficulté est de bénéficier d’un prix « à la casse ». Le vendeur, en recherche désespéré pour du capital, n’est en effet pas dans une situation de force pour négocier. Il consentira donc une forte décote à l’investisseur, par rapport à la valeur théorique de la société si elle n’était pas en difficulté. On constate que les investisseurs payent en moyenne 20 à 50 une société qui vaudrait 100 en temps normal. Ainsi le jour où le retournement est avéré et que la société vaudra à nouveau 100 (voire plus, si elle a pu reprendre le chemin de la croissance), l’investisseur pourra dégager des rendements supérieurs à 100%, contre 25% généralement dans le private equity.
Montage de l’opération
Au regard de tels retours potentiels, l’investisseur doit assumer pleinement ses risques. Un investissement sous forme d’emprunt (convertible ou non) avec de lourds taux d’intérêt n’est pas forcément protecteur car il pourra être requalifié par le Tribunal de Commerce, si l’entreprise, trop endettée, devait « déposer le bilan ». Et quitte à subir un risque élevé, autant viser les gains maximaux en étant actionnaire plutôt que créancier. Un panachage des deux statuts peut aussi avoir du sens.
Un investisseur investissant dans le cadre d’une augmentation de capital sera favorablement accueilli par tous les partenaires de l’entreprise : salariés, management, fournisseurs, clients, créanciers et tribunal de commerce, le cas échéant. Il aura joué le jeu et les partenaires seront plus enclins à jouer le jeu aussi.
Son argent va directement dans les caisses de l’entreprise, c'est-à-dire là où le besoin est le plus criant. Il pérennise la société. Il faudra donc négocier au préalable avec les créanciers bancaires pour que ces derniers ne saisissent pas les fonds injectés.
Enfin, l’investisseur devra intéresser le management (ou l’entrepreneur seul) aux résultats en lui permettant d’acquérir des actions, dans des conditions très motivantes.
Risque d’illiquidité
Les blocs d’actions non cotées sont illiquides. Un processus de cession peut prendre plusieurs mois. Entre le moment où il investit et le moment où il vend, il peut se passer de nombreuses années. C’est une des contreparties du rendement élevé.
Les fruits du risque
Quand la société est redressée, l’investisseur peut encaisser des flux intermédiaires : dividendes, remboursement de compte courant d’actionnaire ou d’obligation, si l’investissement a été structuré ainsi, share buy-back …. Ces flux nécessitent l’accord de l’entrepreneur qui dirige la société. De bonnes relations entre l’entrepreneur et l’investisseur favorise la liquidité de l’investissement.
Mais la vraie sortie reste la cession : en bourse, à un fonds, un industriel ou au management. La aussi, de bonnes relations facilitent la sortie et le TRI de l’investisseur.
Une classe d’actifs à part
Plus de 100% par an ! Comment de tels rendements sont ils possibles ? Trois raisons principales : très risqué, pas assez de liquidité, trop de temps (implication, suivi) pour l’immense majorité des investisseurs. Il y a beaucoup plus de d’entreprises demandeuses de capitaux que d’investisseurs disposés à la satisfaire. Le prix du capital est donc cher : ce sont les rendements élevés.
Ce métier est réservé aux investisseurs courageux et travailleurs. Ils sont peu nombreux, donc très bien rémunérés.
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